
Introduction
Lors de l’entretien d’un camion de collecte, le serrage d’un boulon, d’un raccord ou d’une bride peut sembler être une opération courante. Pourtant, serrer davantage ne signifie pas nécessairement mieux serrer.
Chaque assemblage possède des caractéristiques précises qui déterminent le couple à appliquer. Un serrage insuffisant peut compromettre le maintien ou l’étanchéité d’un composant, tandis qu’un serrage excessif peut entraîner sa déformation ou son endommagement.
Le respect des valeurs et des procédures prescrites par le fabricant constitue donc une étape essentielle d’un entretien rigoureux.
Pourquoi les couples de serrage varient-ils?
Le couple de serrage correspond à la force de rotation appliquée à une fixation. Son objectif est d’assurer le maintien adéquat de l’assemblage sans dépasser les limites prévues pour ses composants.
Il n’existe toutefois pas une valeur universelle pouvant être appliquée à tous les boulons ou raccords d’un camion.
Dans son manuel d’entretien, McNeilus présente des valeurs qui varient notamment selon :
- Le diamètre et le pas du filetage;
- Le grade ou la classe du boulon;
- Le type de raccord;
- Le matériau;
- La présence d’un revêtement;
- Les conditions de lubrification.
Les fixations brutes, plaquées ou lubrifiées peuvent ainsi nécessiter des couples différents. Il en va de même pour les différents types de raccords hydrauliques, notamment les raccords JIC, les raccords à joint torique et les brides.
Une valeur approximative ne peut donc pas remplacer les spécifications applicables au composant concerné.
Trop serrer ou pas assez : quels sont les risques?
Un serrage insuffisant peut, selon l’assemblage, favoriser le mouvement entre les composants, le desserrage d’une fixation ou une perte d’étanchéité.
À l’inverse, appliquer un couple supérieur à celui prescrit n’apporte pas nécessairement une sécurité supplémentaire.
McNeilus indique notamment qu’un serrage excessif de certains raccords hydrauliques peut provoquer leur déformation ou endommager le composant auquel ils sont raccordés.
Prenons l’exemple d’un raccord hydraulique démonté lors d’un entretien. Au remontage, le serrer davantage dans l’objectif de prévenir une fuite peut sembler prudent. Si la valeur appliquée dépasse toutefois celle prévue pour le raccord, celui-ci peut être endommagé ou déformé. Une fois le système remis en fonction, l’intégrité de l’assemblage peut alors être compromise.
Le bon serrage n’est donc pas le serrage maximal, mais celui qui respecte les spécifications de l’assemblage.
Une intervention rigoureuse va au-delà du couple
La valeur de couple ne constitue qu’une partie de la procédure.
Avant le remontage, l’état des composants doit également être vérifié. Les procédures McNeilus prévoient notamment l’inspection des surfaces afin de détecter les bavures, les rayures, les dommages ou la présence de contaminants.
Dans les systèmes hydrauliques, la propreté des raccords et l’état des joints sont également importants. Les composants doivent être correctement positionnés et alignés avant le serrage.
Lorsque l’application d’un couple de serrage précis est requise, McNeilus indique également d’utiliser une clé dynamométrique calibrée et de dimension appropriée.
Certains assemblages nécessitent enfin une séquence de serrage particulière. Pour une bride hydraulique à quatre boulons, par exemple, une séquence de serrage croisée permet de répartir progressivement le serrage sur l’ensemble de la bride.
Le couple, l’état des composants, les outils utilisés et la méthode d’installation doivent donc être considérés comme un tout.
Les spécifications du fabricant demeurent la référence
Avant toute intervention, il est essentiel d’identifier précisément la fixation ou le raccord concerné et de consulter la documentation technique applicable.
Le diamètre, le filetage, le grade, le matériau ou les conditions de montage peuvent modifier la valeur et la méthode de serrage à utiliser.
Sur un camion de collecte, où plusieurs systèmes mécaniques et hydrauliques travaillent dans des conditions exigeantes, cette précision contribue à la qualité de l’entretien et à l’intégrité des assemblages.
En matière de couple de serrage, la rigueur consiste à appliquer la bonne valeur, au bon composant, selon la bonne procédure.
En résumé
- Le couple de serrage doit correspondre au composant et à l’assemblage concernés.
- Un serrage insuffisant comme un serrage excessif peut compromettre l’intégrité de l’assemblage.
- Le diamètre, le filetage, le grade et les conditions de montage influencent la valeur à appliquer.
- L’inspection des composants et l’utilisation d’outils appropriés font partie intégrante de la procédure.
- Les spécifications du fabricant demeurent la référence avant toute intervention.
À lire aussi : l’entretien du système hydraulique
Le respect des couples de serrage n’est qu’un des éléments à considérer lors de l’entretien d’un système hydraulique. La qualité du fluide, l’état des composants et les inspections périodiques contribuent également au bon fonctionnement de l’équipement.
→ Découvrez comment bien entretenir le système hydraulique de votre camion de collecte
Le système hydraulique est au cœur du fonctionnement de votre camion de collecte. Il alimente les mouvements essentiels comme le compactage, le levage et l’éjection. Un entretien inadéquat peut entraîner une perte de performance, des bris coûteux et des arrêts imprévus.
Chez L’Arsenal, nous savons qu’un système hydraulique bien entretenu est synonyme de fiabilité, de sécurité et de longévité. Voici les bonnes pratiques à adopter pour maximiser la performance de votre équipement.
POURQUOI L’ENTRETIEN DU SYSTÈME HYDRAULIQUE EST CRUCIAL
Contrairement à d’autres systèmes mécaniques, l’hydraulique repose sur un fluide sous pression. Ce fluide ne sert pas uniquement à transmettre l’énergie : il lubrifie les composants internes, protège contre la corrosion, réduit l’usure des pièces et évacue la chaleur.
Avec le temps, l’huile hydraulique se dégrade. Les additifs s’usent, la viscosité change et des contaminants peuvent s’accumuler. Résultat : une usure accélérée des composants comme les pompes, les valves et les cylindres.
CHOISIR LA BONNE HUILE HYDRAULIQUE
Toutes les huiles hydrauliques ne se valent pas. Le choix du bon type dépend principalement des conditions d’utilisation et du climat. Selon les spécifications McNeilus, trois grades sont recommandés :
- HUILE ISO 32 :Utilisée dans des climats froids. Elle facilite la circulation du fluide lorsque les températures sont basses. (SUS = 40–45 @ 210°F)
Au Québec, où les variations de température sont importantes, l’huile ISO 32 est souvent le meilleur compromis pour assurer une bonne performance toute l’année. Les spécifications techniques McNeilus de cette huile sont : viscosité à 40°C de 31,7 cSt, viscosité à 100°C de 5,3 cSt, indice de viscosité recommandé de 98 et point d’écoulement à –38°F (-39°C).
LES ADDITIFS ESSENTIELS
Une bonne huile hydraulique doit contenir les additifs suivants :
- Anti-usure
- Anti-corrosion
- Anti-oxydation
- Anti-mousse
Ces additifs contribuent à maintenir la stabilité du système hydraulique et à réduire les risques de défaillance.
INTERVALLES DE REMPLACEMENT : UNE DISCIPLINE ESSENTIELLE
L’huile hydraulique ne dure pas éternellement. Même si elle semble propre, ses propriétés chimiques se détériorent avec le temps. Il est recommandé de suivre un calendrier précis basé sur :
- Le nombre d’heures d’utilisation
- Les conditions d’opération
- Les recommandations du fabricant
McNeilus recommande de remplacer l’huile hydraulique et les filtres après 100 heures d’utilisation sur un véhicule neuf et ensuite toutes les 1250 heures (sans système de remplissage propre).
Plusieurs facteurs accélèrent la dégradation de l’huile : surchauffe du système, contamination par l’eau, la poussière ou des débris, et oxydation. Un remplacement trop tardif augmente considérablement l’usure des composantes hydrauliques et les risques de panne.
L’IMPORTANCE DES FILTRES HYDRAULIQUES
Les filtres jouent un rôle central dans la protection du système. Ils capturent les particules qui pourraient endommager les composants internes.
Quatre éléments doivent être surveillés :
- Le filtre de retour
- Le filtre crépine du réservoir
- Le reniflard du réservoir
- Les filtres haute pression (1 ou 2 n’est pas présent sur tous les véhicules)
Un indicateur visuel souvent monté sur le logement du filtre de retour du réservoir permet souvent de vérifier l’état du filtre :
- Rouge : remplacement immédiat requis
Ignorer ces indicateurs peut entraîner une circulation d’huile contaminée et accélérer l’usure du système.
PRÉVENIR LA CONTAMINATION : LA RÈGLE D’OR
La contamination est la principale cause de défaillance des systèmes hydrauliques. Une simple particule peut endommager des composants critiques. La propreté est d’une importance capitale lors de toute intervention sur le circuit hydraulique. La contamination peut provenir de :
- Poussières et particules
- Eau ou humidité
- Résidus métalliques
- Mauvaises pratiques lors du remplissage
Pour limiter ces risques, certaines bonnes pratiques doivent être intégrées aux opérations :
UTILISER UN SYSTÈME DE REMPLISSAGE PROPRE
Les systèmes de remplissage avec connexion rapide permettent de filtrer l’huile avant son entrée dans le réservoir.
MAINTENIR UN ENVIRONNEMENT PROPRE
Nettoyer les surfaces autour des points d’accès avant toute intervention réduit considérablement l’introduction de contaminants.
ÉVITER LES OUVERTURES INUTILES
Chaque ouverture du système augmente le risque de contamination. Il est donc important de limiter les manipulations.
VÉRIFIER RÉGULIÈREMENT LES JOINTS
Des joints usés peuvent permettre l’entrée d’air ou d’eau dans le système.
SURVEILLER LES NIVEAUX, AJOUTER DE L’HUILE ET DÉTECTER LES ANOMALIES
Un niveau d’huile inadéquat peut causer des pertes de performance et des dommages importants.
PROCÉDURE DE VÉRIFICATION DU NIVEAU
Pour obtenir une lecture fiable, le système doit être dans une position de repos précise avant toute vérification. Certaines conditions doivent être respectées :
- Température normale de fonctionnement de l’huile doit être atteinte
- Pack et éjection en position HOME ou entièrement rétractés
- Hayon (tailgate) en position abaissée (DOWN)
- Porte supérieure (top door) en position ouverte (OPEN)
- Bras et fourches entièrement levés (position HOME)
Une fois ces conditions réunies, le niveau peut être vérifié à l’aide des jauges visuelles situées de chaque côté du réservoir.
PROCÉDURE D’AJOUT D’HUILE
Avant d’ajouter de l’huile hydraulique, certaines étapes doivent être respectées :
- Placer toutes les fonctions hydrauliques en position de repos
- S’assurer que les cylindres sont rétractés
- Vérifier le niveau d’huile dans le réservoir
Lors du remplissage :
- Utiliser une huile conforme aux spécifications
- Filtrer l’huile avant son entrée dans le système
- Éviter toute contamination externe
- Mettre à niveau l’huile dans le réservoir selon les recommandations
Une procédure simple, mais rigoureuse, permet de préserver la qualité du fluide et d’assurer un fonctionnement stable.
DÉTECTER LES SIGNES D’USURE
Un système hydraulique en perte de performance présente généralement des signes visibles :
- Réduction de la puissance de levage
- Mouvements irréguliers
- Bruits inhabituels
- Surchauffe du système
- Ralentissement des fonctions
Ces indicateurs doivent être pris au sérieux. Une intervention rapide permet souvent d’éviter des réparations plus importantes.
ADOPTER DE BONNES PRATIQUES AU QUOTIDIEN
L’entretien ne se limite pas aux intervalles planifiés. Les habitudes quotidiennes font toute la différence. Un entretien structuré du système hydraulique permet :
- D’assurer la continuité des opérations
- De réduire les coûts de réparation
- D’augmenter la durée de vie des équipements
- D’améliorer la sécurité des opérations
Chez L’Arsenal, nous accompagnons les organisations dans la mise en place de pratiques d’entretien adaptées à leurs réalités opérationnelles.
CONCLUSION
Un système hydraulique bien entretenu, c’est un camion plus performant, plus fiable et plus durable. En choisissant la bonne huile, en respectant scrupuleusement les intervalles de remplacement et en appliquant des pratiques rigoureuses de propreté, vous réduisez considérablement les risques de panne.
Investir dans l’entretien, c’est investir dans la performance à long terme.